# Que faut-il savoir sur le confinement au Vietnam ?

Le Vietnam a démontré une approche particulièrement rigoureuse dans sa gestion de la pandémie de COVID-19, devenant rapidement un exemple international en matière de contrôle sanitaire. Avec une frontière de plus de 1 300 kilomètres avec la Chine, berceau de l’épidémie, le pays a su mettre en place un arsenal législatif et réglementaire strict pour protéger sa population de 97 millions d’habitants. Les mesures de confinement vietnamiennes se distinguent par leur caractère anticipatif et leur application rigoureuse, allant bien au-delà des recommandations sanitaires classiques. Le système vietnamien repose sur une surveillance étroite des déplacements, des protocoles de quarantaine contraignants et des sanctions dissuasives pour garantir le respect des directives gouvernementales. Cette stratégie globale, bien que restrictive, a permis au pays d’afficher des résultats sanitaires remarquables qui ont été salués par l’Organisation mondiale de la santé.

Cadre juridique et réglementaire du confinement vietnamien sous la loi sur la prévention des maladies infectieuses

Le cadre légal vietnamien en matière de gestion des crises sanitaires s’appuie principalement sur la Loi sur la prévention et le contrôle des maladies infectieuses, adoptée par l’Assemblée nationale. Cette législation confère au gouvernement central et aux autorités locales des pouvoirs étendus pour imposer des restrictions aux libertés individuelles lorsque la santé publique est menacée. L’architecture juridique vietnamienne permet une réactivité exceptionnelle face aux menaces épidémiologiques, autorisant notamment la mise en place de zones de quarantaine, la limitation des déplacements et la fermeture d’établissements sans procédure judiciaire préalable. Ce système pyramidal de gouvernance sanitaire a permis au Vietnam d’agir avec une rapidité que peu de pays ont pu égaler lors de l’émergence du coronavirus.

Décret gouvernemental n°117/2020/NĐ-CP et pouvoirs des autorités locales

Le décret gouvernemental n°117/2020/NĐ-CP constitue le texte fondamental régissant les mesures de prévention et de contrôle de la COVID-19 au Vietnam. Ce document juridique détaille précisément les responsabilités et prérogatives de chaque niveau administratif, du comité populaire provincial jusqu’aux agents de quartier. Les présidents de comités populaires provinciaux disposent d’une autorité considérable pour décréter des confinements localisés, imposer des couvre-feux ou réquisitionner des installations pour les transformer en centres de quarantaine. Cette décentralisation opérationnelle permet une adaptation fine aux réalités épidémiologiques de chaque territoire, tout en maintenant une coordination nationale stricte via le comité de gestion de crise central.

Classification des zones à risque selon la directive 16 et la directive 15

Le système vietnamien de classification des risques distingue principalement deux niveaux d’alerte sanitaire : la directive 15 et la directive 16. La directive 15 s’applique aux zones présentant un risque modéré, imposant des restrictions partielles comme la limitation des rassemblements publics, la fermeture des établissements de divertissement et le renforcement des mesures de distanciation sociale dans les commerces. La directive 16, bien plus contraignante, correspond à un confinement strict applicable aux zones à très haut risque épidémique. Sous cette directive, les résidents ne peuvent quitter leur domicile que pour des raisons impérieuses strictement encadrées, toutes les activités économiques non essentielles cessent, et les déplacements entre districts sont interdits sans autorisation spéciale. Cette classification progressive permet d’ajuster l’intens

…Cette classification progressive permet d’ajuster l’intensité des mesures de confinement au Vietnam en fonction de l’évolution de la situation, sans immobiliser inutilement des régions peu touchées. Dans la pratique, un même quartier peut passer de la directive 15 à la directive 16 en quelques jours si des chaînes de contamination sont détectées. À l’inverse, lorsque le nombre de cas diminue durablement, les autorités peuvent alléger les contraintes et revenir à un régime plus souple. Ce système modulaire a permis au gouvernement de calibrer finement le confinement vietnamien, en limitant autant que possible l’impact économique tout en gardant un haut niveau de contrôle sanitaire.

Sanctions pénales et amendes administratives pour non-respect des mesures sanitaires

Le décret n°117/2020/NĐ-CP prévoit un ensemble de sanctions administratives sévères pour garantir le respect du confinement au Vietnam. Le non-port du masque dans l’espace public, la violation de la distanciation sociale ou la participation à des rassemblements interdits peuvent entraîner des amendes allant de plusieurs centaines de milliers à plusieurs millions de dongs. Les autorités locales sont habilitées à dresser procès-verbal sur place, ce qui rend l’application des sanctions particulièrement rapide.

Au-delà des amendes administratives, certains comportements considérés comme dangereux pour la communauté peuvent relever du pénal. La dissimulation d’un statut de cas positif ou de contact à risque, la fuite d’un centre de quarantaine ou la propagation volontaire de fausses informations sur la pandémie peuvent être poursuivies sur la base du Code pénal vietnamien. Dans les cas les plus graves, des peines de prison ont été prononcées pour « propagation de maladies infectieuses dangereuses » lorsque des individus, en violation du confinement, ont entraîné des chaînes de contamination importantes. Ce dispositif répressif, souvent perçu comme dissuasif, s’inscrit dans une logique de protection collective qui prime sur les libertés individuelles.

Protocole de quarantaine obligatoire dans les établissements désignés

Dès les premiers mois de la pandémie, le confinement vietnamien s’est accompagné d’un protocole de quarantaine obligatoire très strict. Toute personne entrant sur le territoire, tout cas contact de niveau 1 (contact direct) ou de niveau 2 (contact de contact) pouvait être placé en isolement dans des installations désignées, le plus souvent des casernes militaires, des internats d’écoles ou des hôtels réquisitionnés. La durée standard de la quarantaine a longtemps été de 14 jours, portée ponctuellement à 21 jours au plus fort des vagues épidémiques, suivie d’une période supplémentaire d’auto-surveillance à domicile.

Les conditions de ce confinement au Vietnam sont encadrées par le ministère de la Santé : tests RT-PCR à l’entrée, tests intermédiaires et test de sortie, prise de température quotidienne et suivi des symptômes. Les repas sont fournis sur place et les déplacements à l’intérieur des centres sont strictement limités. Dans certains cas, une participation financière est demandée aux personnes placées en quarantaine dans des hôtels, tandis que les installations publiques restent généralement gratuites. Cette quarantaine institutionnalisée, très différente du simple isolement volontaire pratiqué dans d’autres pays, a constitué l’un des piliers du dispositif vietnamien de lutte contre la COVID-19.

Restrictions de déplacement et système de laissez-passer électronique QR code

Les mesures de confinement au Vietnam ont aussi reposé sur un contrôle étroit des déplacements, aussi bien à l’intérieur des villes qu’entre les provinces. L’objectif était clair : limiter au maximum les mouvements non essentiels pour casser les chaînes de transmission. Au plus fort de la crise, certains quartiers ou districts ont été complètement « gelés », avec des check-points à chaque entrée pour vérifier les motifs de déplacement. Pour vous déplacer, il ne suffisait plus de « bonne volonté » : il fallait justifier d’un laissez-passer en bonne et due forme, souvent sous forme de QR Code.

Application PC-COVID et procédure de demande de permis de circulation

Pour rationaliser la gestion du confinement, le gouvernement a lancé l’application unifiée PC-COVID, fusionnant plusieurs outils antérieurs. Cette application, disponible sur smartphone, est rapidement devenue la clé de voûte du système de laissez-passer électronique. Concrètement, chaque utilisateur doit y renseigner son identité, son adresse et ses informations sanitaires, puis scanner des QR Codes aux entrées des bâtiments publics, des supermarchés ou des bureaux. Les autorités locales peuvent ainsi suivre les flux de population en temps réel.

Dans les zones soumises à la directive 16, les entreprises autorisées à maintenir une activité essentielle devaient demander des permis de circulation pour leurs salariés. Ces permis prenaient la forme de QR Codes individuels générés via PC-COVID, à présenter à chaque contrôle routier. Vous aviez besoin de vous rendre au travail ou à un rendez-vous médical ? Il fallait que votre déplacement soit enregistré et validé dans le système. Cette approche numérique, comparable à un « pass de circulation » temporaire, a permis de concilier un minimum de mobilité économique avec les exigences du confinement vietnamien.

Couvre-feu nocturne dans les métropoles de hô chi Minh-Ville et hanoï

En complément des restrictions de journée, plusieurs grandes villes, notamment Hô Chi Minh-Ville et Hanoï, ont instauré des couvre-feux nocturnes lors des vagues les plus intenses. Entre 18 h ou 20 h et 6 h du matin, toute circulation non autorisée était interdite, à l’exception des services d’urgence, des équipes sanitaires et de certains transports logistiques. Des patrouilles de police et de milice populaire contrôlaient les rues désertes, rappelant le caractère exceptionnel du confinement au Vietnam.

Ce couvre-feu avait un double objectif. D’une part, il limitait les rencontres informelles, souvent difficiles à contrôler en journée, comme les réunions de quartier ou les fêtes privées. D’autre part, il envoyait un signal fort à la population sur la gravité de la situation sanitaire. Dans les faits, cette mesure a profondément modifié le rythme de vie des métropoles vietnamiennes, habituellement animées tard dans la nuit. Pour les expatriés comme pour les locaux, la ville silencieuse sous couvre-feu a été l’une des images les plus marquantes de la pandémie.

Fermeture des frontières terrestres avec le cambodge, le laos et la chine

La gestion du confinement au Vietnam ne s’est pas limitée au territoire intérieur. Dès le début de la crise, le gouvernement a décidé de fermer strictement ses frontières terrestres avec la Chine, le Cambodge et le Laos, sauf pour des flux très contrôlés de marchandises et quelques cas humanitaires. Les postes-frontières officiels ont été placés sous haute surveillance, et les passages informels, notamment dans les zones rurales et montagneuses, ont fait l’objet d’un renforcement des patrouilles.

Cette fermeture quasi hermétique visait à empêcher l’importation de cas venus de pays voisins confrontés à des vagues sévères. Les rares personnes autorisées à entrer – diplomates, experts, travailleurs spécialisés ou ressortissants vietnamiens rapatriés – étaient systématiquement soumises à la quarantaine institutionnelle. Pour le voyageur étranger classique, le message était sans ambiguïté : à l’exception de rares vols commerciaux et vols spéciaux, le Vietnam était temporairement fermé au tourisme international, prolongeant de fait le confinement au-delà de ses frontières physiques.

Réglementation des déplacements interprovincaux par voie routière et ferroviaire

À l’intérieur du pays, la circulation entre provinces a été l’un des principaux leviers de contrôle du confinement vietnamien. Lorsque des foyers de contamination apparaissaient dans une région, les comités populaires provinciaux pouvaient immédiatement restreindre, voire suspendre, les trajets routiers et ferroviaires entrants et sortants. Des barrières physiques, des points de contrôle et des formulaires de déclaration sanitaire étaient mis en place aux limites administratives des provinces, transformant chaque déplacement interprovincial en véritable parcours réglementaire.

Pour voyager d’une province à une autre pendant ces périodes, vous deviez souvent présenter un test RT-PCR négatif de moins de 48 ou 72 heures, une preuve de vaccination, ainsi qu’une autorisation de déplacement délivrée par votre employeur ou les autorités locales. Les trains et bus longue distance ont fonctionné avec des capacités réduites, voire à l’arrêt sur certains axes, et les voyageurs étaient enregistrés à l’embarquement comme à l’arrivée. Cette stratégie, parfois vécue comme une « fragmentation » du pays, a cependant contribué à éviter une diffusion incontrôlée du virus d’une région à l’autre.

Mesures sanitaires obligatoires et protocole de dépistage PCR

Les restrictions de déplacement n’auraient pas suffi sans un ensemble de mesures sanitaires obligatoires visant à réduire les risques de transmission dans les rares situations de contact. Le confinement au Vietnam s’est donc accompagné d’une véritable « culture des gestes barrières », largement relayée par les médias et les haut-parleurs de quartier. Port du masque, distanciation sociale, dépistage régulier : autant de réflexes qui se sont imposés dans le quotidien de la population, au travail comme dans l’espace public.

Port du masque FFP2 dans l’espace public et amendes dissuasives

Le port du masque a été l’un des symboles les plus visibles du confinement vietnamien. Dès les premiers cas de COVID-19, les autorités ont rendu obligatoire le port du masque dans tous les espaces publics fermés, puis dans la rue et les transports. Bien que l’exigence porte officiellement sur des masques médicaux ou en tissu conforme, certaines zones à haut risque, comme les hôpitaux ou les centres de quarantaine, ont requis le port de masques de type FFP2 ou équivalent pour les personnels exposés.

Pour assurer le respect de cette obligation, des amendes dissuasives ont été prévues par le décret 117/2020/NĐ-CP. Se promener sans masque dans un marché ou un bus n’était pas seulement un comportement imprudent : c’était une infraction passible de sanction immédiate. On pourrait comparer le masque à une « ceinture de sécurité sanitaire » : au début perçu comme contraignant, il est rapidement devenu un réflexe pour la grande majorité des Vietnamiens, contribuant à la faible circulation virale dans les lieux publics.

Règle de distanciation sociale de 2 mètres selon les normes du ministère de la santé

Outre le masque, la distanciation sociale a été définie de façon très précise par le ministère de la Santé. La règle générale imposait de maintenir au moins 2 mètres de distance entre les individus dans les espaces publics, les commerces autorisés à ouvrir et les bureaux. Cette « bulle sanitaire » de 2 mètres visait à réduire au minimum les risques de transmission par gouttelettes, en particulier dans les environnements clos où la ventilation est parfois limitée.

Dans la pratique, cette distanciation a entraîné un réaménagement profond des lieux de vie : marquages au sol dans les supermarchés, chaises espacées dans les salles d’attente, limitation du nombre de clients à l’intérieur des magasins, et parfois même alternance des jours de travail en présentiel. Pour vous, en tant que résident ou visiteur, respecter ces 2 mètres signifiait repenser vos automatismes : éviter les foules, espacer les réunions, privilégier les échanges en extérieur. Cette règle, combinée au port du masque, a été l’un des piliers de la stratégie de confinement au Vietnam.

Tests RT-PCR obligatoires pour les voyageurs arrivant aux aéroports de tân sơn nhất et nội bài

Les principaux aéroports internationaux du pays, Tân Sơn Nhất à Hô Chi Minh-Ville et Nội Bài à Hanoï, ont joué un rôle stratégique dans la mise en œuvre du protocole de dépistage PCR. Pendant de longs mois, tout voyageur autorisé à entrer sur le territoire – diplomate, expert, travailleur qualifié ou ressortissant vietnamien – devait se soumettre à un test RT-PCR à l’arrivée, en plus d’un test négatif réalisé avant l’embarquement. Les passagers étaient ensuite conduits directement vers les centres de quarantaine, où d’autres tests étaient réalisés à J+7 et J+14, voire au-delà selon les vagues.

Ce dispositif peut se comparer à un « triple verrou sanitaire » : test avant le départ, test à l’arrivée, puis tests en quarantaine. Pour les compagnies aériennes, cette exigence s’est traduite par une adaptation des procédures d’enregistrement et une coordination renforcée avec les autorités vietnamiennes. Pour vous, en tant que voyageur, cela signifiait anticiper des délais supplémentaires à l’atterrissage, ainsi qu’une période d’isolement obligatoire avant tout contact avec la population locale.

Traçage numérique via l’application bluezone et déclaration sanitaire obligatoire

En parallèle de PC-COVID, le Vietnam a développé l’application Bluezone dédiée au traçage numérique des contacts. Basée sur le Bluetooth, cette application enregistre de manière anonyme les téléphones à proximité et permet, en cas de diagnostic positif, d’alerter rapidement les personnes ayant été en contact étroit avec le cas index. L’objectif est simple : gagner du temps dans l’identification des chaînes de contamination, là où un traçage purement « manuel » serait trop lent.

En complément, la déclaration sanitaire obligatoire, via des formulaires en ligne ou papier, était requise à l’entrée des bâtiments publics, des entreprises, ou lors de déplacements interprovinciaux. On vous demandait d’indiquer vos antécédents de voyage, vos symptômes éventuels et vos coordonnées. Cette double approche – numérique avec Bluezone, déclarative avec les formulaires – a permis de croiser les informations et de cibler rapidement les tests et les mesures d’isolement. Comme un filet de pêche à mailles serrées, le traçage numérique a cherché à intercepter le plus grand nombre possible de cas potentiels.

Fermeture des commerces non essentiels et activités économiques restreintes

L’un des aspects les plus visibles du confinement au Vietnam a été la fermeture massive des commerces jugés non essentiels. Sous la directive 16, seuls les établissements fournissant des biens et services indispensables – alimentation, pharmacie, soins de santé, services publics – pouvaient continuer à fonctionner, souvent avec des horaires réduits et des protocoles sanitaires stricts. Les restaurants ont été contraints de fermer leurs salles et de se limiter à la vente à emporter ou à la livraison, quand cela était encore autorisé.

Les secteurs du divertissement, du tourisme, de la culture et du sport ont été parmi les plus durement touchés. Bars, karaokés, spas, salles de sport, cinémas, agences de voyage et hôtels dépendant essentiellement de la clientèle internationale ont vu leur activité s’effondrer. De nombreuses petites et moyennes entreprises ont dû suspendre leurs opérations, voire fermer définitivement. Pour les travailleurs informels et les foyers les plus modestes, ce gel de l’activité économique pendant le confinement vietnamien s’est traduit par une perte de revenu immédiate, mettant en lumière la fragilité des filets de sécurité sociale.

Face à cette situation, le gouvernement a mis en place plusieurs plans de soutien : reports d’impôts, aides financières ciblées pour les entreprises et les travailleurs, réduction de loyers dans certains secteurs publics. Toutefois, l’accès à ces mesures n’a pas toujours été simple, en particulier pour les auto-entrepreneurs et les travailleurs journaliers. Si vous envisagez de faire des affaires au Vietnam dans l’après-COVID, il est donc crucial d’intégrer cette expérience de confinement dans votre analyse de risque, en prévoyant des réserves financières suffisantes et des plans de continuité d’activité.

Stratégie vaccinale nationale et déploiement des vaccins AstraZeneca, pfizer et sinopharm

Après une première phase marquée par la prévention et le confinement, le Vietnam a progressivement basculé vers une stratégie vaccinale de grande ampleur. Les autorités ont mis en place un plan national de vaccination en plusieurs phases, donnant la priorité aux personnels de santé, aux forces de l’ordre, aux travailleurs des secteurs essentiels et aux populations vulnérables. À mesure que les livraisons se sont intensifiées, la campagne s’est étendue aux grandes métropoles puis à l’ensemble du territoire.

Le portefeuille vaccinal vietnamien s’est rapidement diversifié, avec l’utilisation de vaccins AstraZeneca, Pfizer-BioNTech et Sinopharm, complétés par d’autres vaccins dans un second temps. Des centres de vaccination de masse ont été installés dans les stades, les écoles et les bâtiments administratifs, tandis que des équipes mobiles se rendaient dans les zones rurales et les usines. Pour vous, en tant que résident ou expatrié, cette campagne signifiait l’enregistrement sur les plateformes locales, l’obtention d’un rendez-vous et, à terme, l’accès à un certificat vaccinal numérique intégré à l’application PC-COVID.

L’enjeu de cette stratégie vaccinale était double. À court terme, il s’agissait de réduire la gravité des cas et la pression sur le système hospitalier, déjà limité en ressources. À moyen terme, l’objectif était de créer les conditions d’une réouverture progressive du pays, en assouplissant les mesures de confinement au Vietnam pour les personnes vaccinées, notamment en matière de quarantaine et de déplacements. Comme dans de nombreux pays, le vaccin est ainsi devenu un passeport implicite vers une nouvelle normalité, même si les gestes barrières et la vigilance restaient de mise.

Implications pour les expatriés et ressortissants étrangers au vietnam

Le confinement vietnamien a eu des répercussions spécifiques sur les expatriés et les ressortissants étrangers, qu’ils soient déjà présents dans le pays ou en attente de pouvoir y entrer. Fermeture des frontières, suspension des visas, vols limités : autant de facteurs qui ont profondément modifié les conditions de séjour et de mobilité internationale. Si vous êtes expatrié au Vietnam, il est essentiel de comprendre ce cadre pour anticiper vos démarches administratives et vos projets de déplacement.

Suspension des visas touristiques et visa d’exemption pour 24 pays

Dès le début de la pandémie, le Vietnam a suspendu l’octroi de visas touristiques classiques et gelé temporairement les régimes d’exemption de visa, y compris pour une partie des 24 pays bénéficiant habituellement d’une entrée sans visa de courte durée. Concrètement, il n’était plus possible pour un touriste individuel de planifier un voyage touristique au Vietnam pendant les phases les plus strictes du confinement, que ce soit par voie aérienne ou terrestre.

Les exceptions étaient réservées à certains profils : experts techniques, investisseurs, hauts dirigeants d’entreprises, étudiants ou conjoints de ressortissants vietnamiens, le tout sous réserve d’une approbation préalable des autorités provinciales et du ministère de la Sécurité publique. Pour vous, cela signifiait que le simple achat d’un billet d’avion ne suffisait plus : une lettre d’invitation, une autorisation spéciale et un plan de quarantaine validé étaient nécessaires avant d’obtenir un visa d’entrée. Ce régime dérogatoire, bien que progressivement assoupli, a perduré tant que la situation épidémique mondiale restait incertaine.

Procédure de renouvellement des visas de travail et permis de résidence temporaire

Pour les étrangers déjà installés dans le pays avec un visa de travail ou un permis de résidence temporaire, le confinement au Vietnam a soulevé des questions pratiques : comment renouveler ses documents quand les bureaux administratifs fonctionnent au ralenti et que les déplacements sont limités ? Les autorités ont adopté plusieurs mesures de flexibilité, allant de la prolongation automatique de certains visas à l’allègement des exigences de sortie et de rentrée pour le renouvellement.

Dans la plupart des cas, les employeurs ou les agences spécialisées ont joué un rôle central dans la gestion des dossiers, en déposant les demandes auprès des services d’immigration provinciaux. Pour vous, il était recommandé de vérifier régulièrement la date d’expiration de votre visa, de conserver une copie numérique de tous vos documents et de prévoir un délai supplémentaire pour toute démarche. En cas de dépassement involontaire, lié par exemple à l’annulation de vols ou à la fermeture des frontières, les autorités ont parfois fait preuve de clémence, mais cela restait une appréciation au cas par cas.

Vols de rapatriement organisés par les ambassades et compagnies vietnam airlines

Enfin, pour les étrangers souhaitant quitter le pays ou pour les Vietnamiens bloqués à l’étranger, la période de confinement a été marquée par l’organisation de vols de rapatriement spéciaux. Coordonnés par les ambassades, les consulats et la compagnie nationale Vietnam Airlines (ainsi que quelques autres transporteurs), ces vols étaient soumis à des conditions d’inscription strictes, des listes de priorité et un protocole sanitaire renforcé.

Pour vous inscrire sur un vol de rapatriement, il fallait généralement contacter votre ambassade, fournir vos coordonnées, justifier de votre situation (fin de contrat, urgence médicale, situation familiale) et accepter les conditions de quarantaine à l’arrivée dans votre pays de destination. Les billets étaient plus coûteux qu’en temps normal et le nombre de places limité, ce qui a parfois généré frustrations et délais. Néanmoins, ce dispositif a constitué une bouée de secours pour des milliers de personnes prises au piège des restrictions de voyage, illustrant la façon dont le confinement vietnamien s’inscrivait aussi dans un cadre diplomatique et logistique international.